Attaquer la clause dérogatoire, c’est attaquer le Québec, dénonce le Bloc Québécois

Rhéal Éloi Fortin

Rhéal Éloi Fortin, porte-parole du Bloc Québécois en matière de Justice, a fustigé la volonté de Mark Carney de contester la loi 96 du Québec ainsi que la prérogative du Québec de recourir à la clause dérogatoire.

« Contester la loi 96, c’est remettre en question la Charte de la langue française qui y est imbriquée.  Contester le recours à la clause dérogatoire par le Québec, c’est tenter de priver le Québec d’un pouvoir essentiel à notre capacité d’être maîtres de notre politique linguistique. Le rôle de Mark Carney en tant que premier ministre temporaire en pleine guerre commerciale, c’est censé être de rassembler face à Donald Trump. Au contraire, il utilise la menace Trump pour diviser, affaiblir le Québec et limiter notre capacité à protéger le français chez nous. Ainsi, Mark Carney se comporte de manière indigne de tenir les rênes du pouvoir et prouve que sans supervision étroite du Bloc Québécois, il sera un chef libéral comme n’importe quel autre : hostile au français et à la différence québécoise », a déclaré Rhéal Éloi Fortin.

La loi 96 du Québec modifie la Charte de la langue française afin d’y ajouter de nouvelles dispositions visant à renforcer la protection du français au Québec. Avant même qu’une contestation fasse son chemin jusqu’à la Cour suprême, le chef libéral Mark Carney s’est empressé d’annoncer qu’il se joindrait à un recours contre la protection de la langue française, évoquant son « malaise » sur le recours à la clause dérogatoire par le Québec.

« Nouveau chef, même vieux parti libéral. Mark Carney ne connaît rien à la loi 96, sinon qu’il veut la contester. Il ne connaît pas grand-chose au Québec non plus, ni à sa langue ni à son histoire. Il veut retirer au Québec un pouvoir garanti par la Constitution lui permettant justement de protéger sa langue contre les militants anti-loi 101 qui pullulent au Parti libéral et qui ne demandent qu’à l’effacer. Il a nommé une ministre de l’Immigration qui a nié le déclin du français au Québec. Il a aboli le poste de ministre des Langues officielles. Bref, il ne s’intéresse pas à la protection de la langue française. C’est tout un bilan pour un homme qui fait de la politique depuis trois semaines seulement. Les Québécois commencent à comprendre à quel type de politicien libéral ils ont affaire », a conclu M. Fortin.